Économiquement, l’école est la seule des six activités qui peut dégager un bénéfice car elle est fondée sur la matière grise. C’est elle qui va financer le maraîchage qui est coûteux au lancement et déficitaire, les résidences de création, l’hébergement des groupes militants, payer les travaux du bâtiment, rembourser l’emprunt de 600 000 euros qui nous a permis d’acheter le domaine, etc. C’est elle qui permet au lieu d’être autonome et de tenir financièrement sans voir la banque débarquer pour nous reprendre le site.
Donc les ateliers que nous proposons sont payants.
Avec en gros, trois catégories d’ateliers :
1- Des ateliers professionnels de haut niveau, proposé par des artistes, penseurs, écologues et intellectuelles « de renom » qui seront « chers » (800 euros pour 5 jours auxquels il faut ajouter 190 euros de pension complète et 210 euros d’hébergement pour six nuits soit 35 euros/nuit) mais avec un tiers de demi-tarifs pour que des gens moins fortunés puissent aussi y participer.
2- Des ateliers à prix moyens (400 à 600 euros les cinq jours) qui répondrons davantage à un public salarié — classe moyenne disons. Avec des intervenants peut- être moins connus mais d’aussi haute qualité.
3- Des ateliers à prix coûtants ou déficitaires pour la zeste, destinés aux gens qui n’ont pas les moyens de lâcher un demi-smic pour se former à l’action directe, aux nouvelles formes de lutte, à l’écologie pratique, au pistage, à l’écriture ou à l’imprimerie artisanale.
Le principe global est simple : les ateliers « chers » financent les ateliers à perte. Ceux qui ont les moyens de se payer cinq jours à 1200 euros permettent, par le bénéfice dégagé, à ceux et celles qui n’en ont pas les moyens de participer aux ateliers militants et sociaux.
Ça s’appelle de la redistribution directe.
Ça ne veut pas dire que les riches sont taxés pour les pauvres ni qu’ils condescendent dans leur grande mansuétude humanitaire à financer les ateliers des autres. La qualité de ce qu’on propose justifie amplement les tarifs « chers », qui sont en vérité les tarifs normaux d’une formation de ce niveau (et même parfois bien inférieurs à ce qui se pratique en entreprise).
Ça veut juste dire qu’il faut penser économiquement l’école comme un organisme de redistribution interne et naturelle — osons le mot : de ruissellement — entre les différents ateliers selon le niveau de richesse de chaque participant. Et se rappeler sans cesse que plus globalement, l’école des vivants finance solidairement le reste des activités de la scop. Chaque fois quer nous le pourrons, nous pratiquerons des prix libres.