LA ZESTE

L’école des vivants fait partie d’un projet politique plus vaste que nous avons baptisé
« la ZESTE » pour Zone d’Expérimentation Sociale, Terrestre et… Enchantée !

Kesako la Z.E.S.T.E ?
Mot par mot, ça donne…

Zone

parce que la Zeste s’inscrit dans un domaine de 50 hectares en pleine montagne qu’on souhaite le plus ouvert possible. Le site ne se résume pas à une grande bergerie restaurée posée sur un terrain immense. C’est un lieu de brassage et de rayonnement où les locaux passent, jouent et pratiquent leurs activités, où des artistes vont résider, où des stagiaires se forment, où des groupe militants se rencontrent. C’est tout sauf un ilôt clos et autarcique.

C’est un lieu buvard et bruissant, qui absorbe et diffuse, n’a pas de frontières et n’en impose aucune.

Expérimentation

— qui est sans doute l’horizon le plus crucial pour nous — puisque nous entendons essayer, rater, essayer encore et rater mieux, selon la formule de Beckett. Nous planter sans honte puisque c’est encore la meilleure façons d’arriver à pousser.

Essayer de nouvelles façons de vivre ensemble (en intelligence collective, avec un pouvoir horizontal et partagé), d’habiter, de manger, de créer et d’aider à créer, de construire, de lutter.

Essayer de faire pousser des légumes à 1342 mètres d’altitude, d’atteindre une forme d’autonomie alimentaire et énergétique, essayer de déployer une culture du vivant, qui soit aussi concrète et quotidienne que possible, essayer de mélanger des populations très variées, de tout statut social, de l’ado en rupture à la cadre sup qui décroche, de l’universitaire sage au zadiste, de l’éleveur local au faucheur volontaire. Essayer de transformer ces confrontations et ces dissensus en moteur d’action, de dépassement, de vitalité. Ne rien unifier mais laisser fasciculer.

Être polytique en mode pierrier, sans être un galet poli.

Sociale

parce que la Zeste vise à accueillir, réarmer et soutenir des publics en galère tout autant que des associations et des mouvements militants pour des assemblées, des rencontres ou des formations. Parce qu’elle tisse localement avec la vallée. Parce que développer un tel lieu n’a de sens que si on le fait partager et qu’il devient un site-ressource.

Sociale parce qu’on veut faire société, pas sécession.

Terrestre

puisque que la Zeste entend incarner une façon d’atterrir, d’ancrer nos puissances sur un territoire précis, d'appliquer l'agroécologie paysanne, de faire de notre agriculture un réservoir de biodiversité et un écolieu.

Alimentation, eau, énergie, déchets, autoconstruction, recyclage, renaturation, réensauvagement : tout doit tendre vers des pratiques écologiques irréprochables, à terme. Pour l’instant, on en est loin !

La zeste entend rester « terre-à-terre », au sens plein.

Enchantée

parce que changer ce monde implique selon nous de battre le capitalisme sur le terrain du désir.

Que l’activité artistique comme rapport au monde, manière d’être vivant, manière d’ouvrir et de s’ouvrir, pratique très quotidienne et sans prétention, reste une voie féconde pour faire buissonner nos désirs. Parce que face aux murs du réalisme économique, du libéralisme imposé comme « naturel », le bricolage éclairé d’autres modes de vie est une nécessité, et l’imaginaire sa matière première.

Parce que, oui, on doit réenchanter ce monde qu’on nous dévitalise à l’envie, mais on doit le faire, non avec des rêves, mais avec des gens et des actes.

La zeste est un collectif d’une dizaine de personnes dont la moitié habite sur place. Elle est située sur un terrain de 50 hectares dans les Alpes du Sud, à 1300 mètres d’altitude et possède une capacité d’héberger en lit 50 personnes environ et d’en nourrir une centaine par la cuisine collective.

La zeste est née il y a quelques mois. Elle débute, titube, avance en déséquilibre, comme tout projet.

Comment elle est organisée, votre zeste ?

La zeste développe actuellement six activités qui sont regroupés solidairement dans une société coopérative ouvrière de production (scop) dont les membres sont salariés et qui ne permet, par sa structure, aucun gain capitaliste d’aucune sorte. Tout bénéfice est nécessairement réinvesti dans le collectif. Pas de patrons : que des salariés. Ou si vous préférez : que des salariés-patrons.

Quelles sont ses activités ?

— L’élévage de chevaux
— Le maraîchage d’altitude sur un terrain d’un hectare environ couplé à une forêt comestible
— L’accueil et l’hébergement de groupes (AG, séminaires, rencontres, fêtes…)
— La restauration, essentiellement interne et destinée aux groupes accueillis
— Les résidences d’artistes et de création (théâtre, danse, cirque, écriture, etc.)
— L’école des vivants, qui propose des ateliers de formation dans les domaines de l’art, de l’écologie et de la polytique, avec l’horizon de développer/renforcer notre perception et notre articulation avec le vivant, qu’il soit animal, végétal ou intime.

Comment vous vous financez ?

Notre scop vise l’autonomie financière. Elle n’a pas le choix — mais même si elle l’avait, elle entendrait mettre en place une économie qui se suffit à elle-même et prouve sa viabilité.

En savoir plus

Dépendre chaque année des subventions d’un État qui taxe si peu les riches, mendier la générosité de mécènes dont l’argent vient de l’ancien monde ou parier sur des crowdfundings, qui markètent avant tout un rêve, n’est pas un horizon désirable pour nous.

On voudrait essayer de s’arracher à ça. C’est dur. Il n’y a aucun miracle. On travaille donc sur un fonctionnement économique qui permette à la fois de payer décemment ceux qui travaillent et de satisfaire ceux qui viennent et payent pour manger, dormir, échanger ou se former.

Ce fonctionnement est simple : il consiste à faire payer le public aisé le vrai prix des stages puis à utiliser la marge dégagée pour financer le reste, à savoir tout ce qui est déficitaire mais indispensable au projet politique. Nous proposons donc des ateliers payants au tarif entreprise (donc « chers » pour un pauvre) pour financer par redistribution interne nos activités sociales.

Parmi nos activités, l’école des vivants a donc un statut particulier. Elle est à la fois le moteur philosophique et économique de la zeste. Plus qu’à former, elle a vocation à « transformer » ou à « terraformer » une culture du vivant qui nous manque cruellement aujourd’hui. Et à la coupler solidement aux luttes sociales pour apporter sa pierre à la lapidation joyeuse et vénèr du système actuel. Mais elle ne peut le faire sans moyen.

« Faire pousser son alimentation est une manière extrêmement forte de changer le monde petit à petit » Mark Shepard

La parcelle que nous souhaitons cultiver est située à 1300m d’altitude avec une exposition plein sud au sein d’un travers de montagne à la topographie capricieuse. Cette parcelle d’1 hectare située en dessous du gîte est constituée de coteaux qui accueilleront à terme une forêt comestible et de zones plus planes qui elles seront dédiées aux cultures annuelles.

Au cœur de la Zeste

Le Choix de l’intelligence collective

Quoi de plus difficile que de faire vivre un collectif , à l’ère de l’ultra individualisme ! quoi de plus riche aussi.

Nous avons choisi de nous organiser en SCOP, et qui dit SCOP, dit accent mis sur la coopération et une gouvernance partagée. C’est-à-dire une façon de répartir les rôles et les responsabilités sans chef.

Equipe neuve, de 7 personnes actuellement, nous nous formons à l’intelligence collective, qui décuple la variété des propositions et l’énergie, aidés par Audrey, qui travaille au LICA (https://www.lica-europe.org ) et épaulés par les précieux outils de « l’Université du Nous ».

Nous apprenons ainsi à nous écouter, à tamiser les égos, à co-construire et à structurer l’activité de chaque pôle, ce qui exige d’importants moments de partages et de gestion des tensions.